Articles publiés dans le Courrier de Rome

À en croire les médias, la plupart des prédateurs sexuels sont des membres du clergé catholique. À les en croire, les enfants se trouvent en plus grand danger quand ils sont pris en charge par une institution catholique que lorsque l’institution n’a pas de lien avec l’Église. À les en croire, une grande proportion de prêtres catholiques sont des criminels. À les en croire, un homme a plus de chance de sombrer dans la pédophilie s’il est prêtre que s’il est laïc. À les en croire, il y a davantage d’abus sexuels sur mineurs dansla religion catholique que dans les autres religions. Est-ce vrai ?



La chose est apparemment entendue : si la théorie héliocentrique du chanoine Copernic fut repoussée notamment lors de l’affaire Galilée, c’est d’abord à cause de l’anthropocentrisme des temps anciens. Placer la Terre au centre, comme on le faisait alors universellement, visait à flatter notre orgueil. Copernic aurait amené les terriens à considérer qu’ils n’étaient pas le centre du monde, leur faisant souffrir une terrible humiliation. Freud en a spécialement développé l’idée : « la situation centrale de la Terre était pour lui [l’homme] une garantie du rôle dominant de celle-ci dans l’univers et semblait bien s’accorder avec sa tendance à se sentir le seigneur de ce monde ». Cela aurait rendu l’homme digne de l’attention de Dieu. Mais bientôt, cette « illusion narcissique » allait disparaître devant la science et ainsi « l’amour-propre humain avait éprouvé par là sa première blessure ».



L’exemple de la Terre plate 1.De toutes les époques de notre passé, le Moyen Âge est celle qu’il est le plus malaisé de cerner avec précision, ne serait-ce que d’un point de vie chronologique. C’est aussi celle qui a été le plus malmenée, et dont la réalité a été davantage déformée par les idées reçues, les contre vérités, les omissions ou les caricatures. A côté de quelques poncifs évidemment grotesques et dénués de tout fondement - mais qui n’en continuent pas moins de nourrir l’imaginaire collectif (comme le droit de cuissage) - il reste encore bien d’autres idées fixes, dont les fondements ne sont pas davantage avérés, et qui le sont parfois même encore moins, mais qui trouvent le moyen d’une caution pseudo scientifique, par médias interposés. Ainsi en va-t-il d’une supposée ignorance du MoyenÂge, entretenue par l’Eglise au détriment du progrès scientifique. Une diabolisation dûment combattue



« La Tradition est la garantie de l’avenir, non une pièce de musée » . 1. La Révélation divine dans l'Église doit-elle être réinterprétée en fonction des changements culturels de notre temps ? La Révélation divine est-elle contraignante pour toujours, immuable et donc à ne pas contredire ? Telle est la question que, le 10 juillet 2023, posèrent au Pape François les cinq cardinaux, avec cette première formulation de leur premier Dubium.



« Benoît XVI décrit en effet la Tradition comme " le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes"(Catéchèse, 26 avril 2006) » . 1.Le 11 octobre 2017, le Pape François adressait un discours aux participants à la rencontre organisée par le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation. Ce discours survenait le jour du vingt-cinquième anniversaire de la Constitution apostolique Fideidepositum, par laquelle son prédécesseur, le Pape Jean-Paul II,avaitpromulgué le Nouveau Catéchisme de l’Eglise Catholique, en 1992, trente ans après l’ouverture du Concile Vatican II. -I - L’héritage de Vatican II



1. L’épisode marquant de l’actualité relativement récente est encore dans les mémoires.Le 10 juillet dernier, les cinq cardinaux Brandmüller, Burke, Sandoval Íñiguez, Sarah et Zen Ze-kiun ont présenté au Pape « cinq questions demandant des éclaircissements sur certains points relatifs à l'interprétation de la Révélation divine, à la bénédiction des unions des personnes de même sexe, à la synodalité comme dimension constitutive de l'Église, à l'ordination sacerdotale des femmes et au repentir comme condition nécessaire à l'absolution sacramentelle » . Le Pape François leur a adressé une réponse, dans une lettre datée du lendemain même, 11 juillet 2023, et sa réponse a été rendue publique par le Vatican le 2 octobre suivant.



1. Le docteur commun de l’Eglise n’a pu envisager le mystère du neuvième article du Credo dans toute son intégrité. Pas plus, d’ailleurs que les Pères d’avant le concile de Nicée n’ont pu envisager dans toute son intégrité le mystère de la Sainte Trinité ou ceux d’avant le concile de Chalcédoine le mystère de l’Incarnation . Il y a là comme une loi nécessaire, qui affecte non la vérité des mystères mais l’intelligence que les fidèles ont de cette vérité. Cette intelligence est progressive et ce sont les attaques de l’hérésie qui donnent occasion aux saints docteurs de mettre en relief les différentes facettes de la vérité révélée et d’en faire ensuite la synthèse définitive.



1. Dans les sources de la Révélation, l’idée de l’Eglise apparaît principalement dans le Nouveau Testament, mais de manière encore voilée, sous le terme du « Royaume », Cette expression, issue de l’Ancien Testament, est le plus souvent utilisée dans les Evangiles Synoptiques, et le moins souvent dans les autres livres. De sorte que l’usage du terme « Eglise » apparaît en proportion inverse de celle du terme « Royaume ». Cela signifie que le premier mot rend obsolète le second dans la mesure exacte où il en dévoile et explicite le sens.



1. Le mystère de l'Eglise fait l'objet du neuvième article du Credo, avec lequel la foi catholique professe « la sainte Eglise catholique et la communion des saints ». Cet objet est complexe, car deux réalités différentes, l'Eglise catholique et la communion des saints, sont connues et énoncées dans un seul et même article. Comme l'explique saint Thomas , chaque article du Credo correspond à un seul et même objet de connaissance, à une seule vérité particulière de notre foi . Si la sainte Eglise catholique et la communion des saints, qui sont réellement distinctes, font l'objet d'un seul et même article, cela signifie donc qu'il n'y a pas là deux mystères (ou deux objets de connaissance) distincts, mais qu'il y a plus exactement deux aspects différents mais inséparables d'un seul et même mystère .



1. Saint Thomas d’Aquin a vu le jour avant le 7 mars 1223, puisque son premier historiographe, Guillaume de Tocco, nous dit qu’il est mort au commencement de sa cinquantième année, le 7 mars 1274. Il sera canonisé un siècle après sa naissance, par le Pape Jean XXII, le 18 juillet 1323 et proclamé docteur de l’Eglise par le Pape saint Pie V, le 11 avril 1567. L’année qui s’achève présentement aura donc vu le huit-centième anniversaire de la naissance de frère Thomas, ainsi que le sept-centième annniversaire de sa canonisation.



Dans l'article précédent, nous avons montré la filiation entre la science physico-mathématique et le transhumanisme. Nous ne discuterons pas ici de la pertinence et de la légitimité de la révolution effectuée par Galilée et Descartes dans les sciences. Nous postulerons que cette nouvelle manière de voir le monde est tout à fait légitime et que la méthode mathématique a toute sa place dans la connaissance des réalités naturelles. En revanche nous vérifierons en quoi se justifie l'abandon de la philosophie de la nature qui est à l'origine de l'apparition du transhumanisme. Pour faciliter la compréhension de cet article, nous appellerons « sciences expérimentales » les sciences modernes de la nature qui utilisent la méthode expérimentale et mathématique, et « cosmologie » la philosophie de la nature d'Aristote et de saint Thomas d'Aquin.



Comme nous l’avons montré dans notre précédent article , la généalogie du transhumanisme est composée presque exclusivement de scientifiques pour l'époque ancienne et d'ingénieurs pour l'époque moderne. Une telle collusion entre l'idéologie du transhumanisme et la science est-elle purement fortuite ? L'objet de cet article est de montrer qu'il ne s'agit pas seulement d'une coïncidence mais qu'il y a réellement une filiation entre la science telle qu'elle est conçue depuis le XVIIe siècle et le transhumanisme du XXIe siècle, si étonnant que cela puisse paraître.



1. Comment définir le transhumanisme, dans une première approche ? Selon les tenants de cette idéologie, l’homme serait parvenu à un seuil supposé « critique » de son évolution. Celle-ci doit tendre à une maîtrise toujours plus grande de la destinée humaine, et il est désormais l’heure, pour les hommes de notre temps, de dépasser leurs propres limites, fixées par la nature. En effet, les dernières avancées technologiques en donnent le moyen, et le résultat escompté sera une humanité « augmentée »ou une « post-humanité ».



1. Le touriste se promenant à Singapour dans Chinatown, le quartier chinois,ne manquera pas de s’étonner devant certains magasins peu habituels : entre fruits exotiques, remèdes traditionnels et nourriture locale, le regard du passant s’interrogesur ces étalages de dessins sur papier cartonné, vendus pour quelques dollars, représentant des objets en tout genre. Ici, sont dessinés des chemises, cravates, chaussures et pantalons ; là de la nourriture, des boissons ; plus loin, un téléphone portable, un iPad, une télévision, des médicaments, des pièces de monnaie ou des billets… voire des lingots d’or ! De quoi s’agit-il ? D’une coutume de l’antique religion chinoise, encore perpétuée de nos jours, consistant à brûlerles dits papiers afin de faire parvenir aux âmes trépassées, dans l’au-delà, l’objet qu’il représente. Votre défunt aura peut-être faim ?



1.Le frère Thomas Michelet, né en 1968,est religieux de l’Ordre des Frères Prêcheurs Dominicains, membre de la Province de Toulouse. Titulaire d’un doctorat en Théologie à l’Université de Fribourg (Suisse), il fut professeur et vice-doyen de l’Université Pontificale SaintThomas d’Aquin (Angelicum) à Rome, où il enseigna l’Ecclésiologie et la Théologie des sacrements. Son intérêt s’est porté sur l’écologie, ce qui l’a conduit à publier en 2016 un recueil de près de 600 pages rassemblant les cinquante textes les plus importants parmi les enseignements des Papes consacrés à ce thème, depuis Vatican II . Réputé spécialiste dans ce domaine, le Père Michelet est membre du comité scientifique de « L’Alliance Laudato Si’ » des Universités pontificales romaines délivrant un diplôme conjoint en Écologie intégrale.



1. Le« Temps de la création »est une initiative lancée par le Patriarche œcuménique Dimitrios Ier de Constantinople, le 1er septembre 1989. Ce « Temps » est une période qui s’étend du 1er septembre (début de l’année liturgique chez les Orthodoxes et journée internationale de prière pour la sauvegarde de la Création) au 4 octobre (fête de Saint-François d’Assise), et durant laquelle les chrétiens du monde entier sont invités à agir pour prendre soin de la Création. Cette initiative de Dimitrios Ierfut reprise par les autres confessions (ou « églises ») chrétiennes non catholiques, avant d’être reconnue officiellement par le Pape François pour l’Église catholique,le 6 août 2015 . C’est donc un temps œcuménique. On en trouve désormais l’écho régulier sur les sites officiels des différentes confessions.



1. Le Pape François a donné un sous-titre à son Encyclique Laudato Si : « Sur la sauvegarde de la maison commune ». L’expression, décidément bien choisie, correspond au concept que voudrait signifier le mot « écologie ». Ce mot, tout moderne,fut inventé en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919). Il est construit - de toutes pièces - à partir du grec, « oîkos » désignant la maison ou l’habitat, et « logos » désignant le discours ou la science. La combinaison a donné « Ökologie » en langue allemande. L’écologie peut donc se définir, selon une première approche nominale, comme la science ou le discours ayant pour objet l’habitat ou la maison commune. La sauvegarde et la protection de celle-ci fait partie de cet objet. - 1 – Aux origines profondes de l’écologie, avant Haeckel



1. Au vu des articles précédents , le lecteur du Courrier de Rome n’aura pas manqué d’être frappé des ressemblances qui relient la nouvelle ecclésiologie de Lumen gentium à cette idée protestante de l’Eglise et des ministères, telle que nous venons de la résumer.



1. Le sens des mots est souvent fixé par l’usage. C’est pourquoi, l’équivocité – ou le fait qu’un même mot soit susceptible de significations diverses – provient de la diversité des usages. De fait, les mêmes mots peuvent être employés dans un premier temps par l’Eglise dans un sens unique et déterminé, et se voir attribuer dans un deuxième temps une signification nouvelle, dans le contexte d’une hérésie ou d’un schisme. Ainsi en va-t-il du mot « ministère », ministerium en latin. Etymologiquement parlant , ce mot forme un couple avec l’autre mot « magistère », magisterium. « Ministère » et « ministre » viennent l’un et l’autre du latin minor, plus petit, inférieur, tandis que « magistère » et « maître » viennent l’un et l’autre du latin major, plus grand supérieur. Le mot « ministre » désigne celui qui remplit une fonction ou accomplit un service, mais dans la dépendance d’un autre, et ce terme inplique donc l’idée d’un rapport d’inférieur à supérieur, l’idée d’une hiérarchie.



1.Le 15 août 2022, le Pape François a tenu à commémorer le cinquantième anniversaire du Motu proprio Ministeria quaedam, par lequel son prédécesseur Paul VI avait « supprimé les ordres mineurs ». Nous mettons l’expression entre guillemets, car elle entend désigner ainsi ce que le bon Peuple des fidèles catholiques a retenu de cette réforme. Celle-ci a comporté en réalité plusieurs aspects différents, que l’on peut résumer à cinq.



« C’est l’Esprit qui, en nous faisant participer, de manières distinctes et complémentaires, au sacerdoce du Christ, rend toute la communauté ministérielle, pour construire son corps ecclésial » . 1. Comment comprendre cette déclaration du Pape François ? De prime abord, elle sonne mal aux oreilles d’un catholique qui entend rester fidèle à son catéchisme. Tout fidèle participe-t-il vraiment au sacerdoce du Christ, sous la motion directe de l’Esprit Saint ? L’Eglise devrait-elle se définir comme la communauté de ceux qui exercent tous, « de manières distinctes et complémentaires »des « ministères » ?



Dans le monde libéral, révolutionnaire, apostat, antichrétien, etc. où nous vivons, il nous est demandé, ou il peut nous être demandé, ou nous pouvons nous trouver contraints, d’accepter des situations que l’on peut qualifier de « douteuses », de valider des documents « douteux », de ne pas nous opposer à des comportements « douteux ».



Les preuves de Dieu métaphysiques sont si éloignées du raisonnement des hommes et si impliquées, qu’elles frappent peu ; et quand cela servirait à quelques-uns, cela ne servirait jamais que pendant l’instant qu’ils voient cette démonstration, mais une heure après ils craignent de s’être trompés ». (Pascal, Pensées, n° 543 de l’édition Brunschwicg). 1. Le conseil municipal d'un village vote un arrêté qui enjoint à son barbier de raser tous les habitants du village qui ne se rasent pas eux-mêmes, et seulement ceux-ci : omnes et solos. Le barbier, qui est un habitant du village, n'a pas pu respecter cette règle.



« Les églises seront absolument fermées aux fidèles ; on n’y admettra personne sauf pour baptiser des enfants. Une seule messe y sera célébrée par semaine, le vendredi, pour consacrer la sainte Eucharistie pour les malades, et il n’y aura avec le prêtre célébrant que l’enfant qui répond à la messe. Aucune messe ne sera célébrée le dimanche ; au lieu de messe, il y aura une prédication devant l’église. Aucune messe non plus durant la semaine sainte ; le jour de Pâques seulement les prêtres pourront dire une messe, mais privée avec un seul servant. Aucune communion sauf la communion des malades en danger de mort. À Pâques même, on se contentera de réunir les paroissiens devant l’église pour leur annoncer la fin du carême et la permission de manger gras.



L’article « Interdit » du Dictionnaire de droit canoniquedirigé parRaoul Naz révèle au lecteur que « des interdits locaux se rencontrent même à notre époque. Un Carmel,alors en révolte, fut soumis à un interdit général, local et personnel, par un décret du 1er janv. 1921 (Bull. eccl. de Strasbourg, XL, 1921, p. 40) ». Mêmepour un clerc d’origine alsacienne l’allusion est sybiline.Larécente publication de L’Affaire de Marienthal chez ERCAL Publications est heureusement venue éclairer notre lanterne. En effet, « Marc Feix, George Haeringer Deroche et Sœur Marie du Christ nous présentent dans cet ouvrage une page méconnue de l’histoire de l’Église en Alsace : l’interdit jeté sur le Carmel de Marienthal. […] Le présent ouvrage cherche à démêler ce qu’il est possible de désigner par “l’affaire de Marienthal” tant dans la presse de l’époque, que par les sources de la maison généralice des carmes à Rome et de l’évêché de Strasbourg . »



1. La fausse foi moderniste aurait-elle ceci de particulier qu’elle pourrait, dans certaines situations, conduire le ministre à ne pas vouloir faire ce que fait l'Église, même en accomplissant le rite de l’Eglise ? Trois indices sont apparemment là pour justifier cette possibilité.



Une situation nouvelle 1. Entre autres conséquences, le Motu proprio Traditionis custodesa pu inciter, ici ou là, des membres du clergé de l’Eglise officielle (ou dite « conciliaire ») à se tourner vers la Fraternité Saint Pie X.En certains cas, des prêtres (et même un évêque, en la personne de l’Ordinaire émérite de Coire, Mgr Vitus Huonder) ont même décidé d’offrir leur coopération à l’apostolat de la dite Fraternité.



Que l’Église possède un pouvoir sur les sacrements, c’est certain. Mais fixer avec précision l’étendue de ce pouvoir peut s’avérer délicat. 1. Une situation complexe



- 1 - De l’étymologie à la théologie



Daniela est une charmante jeune fille de 22 ans. Etudiante en droit, elle rencontre Jean dans son université. Très vite, des sentiments profonds les unissent, si bien qu’ils envisagent de se marier. Mais Daniela n’est pas chrétienne. Elle a reçu une éducation païenne et n’est pas baptisée. Jean au contraire, catholique convaincu, ne peut se résigner à épouser une acatholique. Il le dit clairement à sa bien-aimée. Que Daniela se convertisse, reçoive le baptême, et l’obstacle disparaîtra. La jeune fille est trop amoureuse pour tergiverser. Athée par éducation plus que par conviction, elle ne voit pas d’objection majeure à devenir catholique. Elle se rend donc à l’adresse indiquée par Jean pour rencontrer un prêtre et lui demander le baptême. Sa déception est grande lorsqu’elle apprend alors que cette démarche exige au préalable une année complète de catéchisme. Elle acceptenéanmoins, et tous les samedis, suit avec attention les cours donnés par le prêtre.



1. Depuis la publication du Motu proprio Mitis judex en 2015 et de l’Exhortation apostolique Amoris laetitia en 2016, il est sérieusement à craindre que s’instaure progressivement, dans la pratique, le fait répété d’un « divorce catholique » . Le fait créant le droit, il est pareillement à craindre que l’esprit de Vatican II conduise un jour à admettre en principe une notion renouvelée de l’indissolubilité du mariage, autorisant la gradualité au niveau même de l’indissolubilité. Et un pareil camouflage conceptuel masquerait à peine la négation de l’une des propriétés essentielles du mariage catholique. Il importe donc d’établir que, non seulement les principes mêmes de la morale catholique, tels que divinement révélés, ne pourront jamais autoriser cette négation, mais encore que dans les faits, du moins jusqu’à ce que vienne souffler dans l’Eglise l’esprit délétère de Vatican II, le Saint Esprit n’a jamais permis que les faits prévalent sur les principes.



La religion catholique est la seule à enseigner une morale conjugale intègre et parfaitement conforme à la loi naturelle. Mais nombreuses sont les tentatives astucieuses pour détruire cette morale, tout en s’appuyant sur des fondements séduisants. 1. L’exemple des orthodoxes



Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas, dit Notre-Seigneur dans l’évangile selon saint Matthieu. En d’autres termes, le mariage est indissoluble. Aucun être humain ne peut rompre le lien qui unit les époux pour la vie. Seule la mort met fin au contrat matrimonial. Pourtant, il semble que le Souverain Pontife ait le pouvoir de dissoudre, dans certains cas, le lien conjugal. Comment est-ce possible ? Le successeur de Pierre peut-il séparer ce que Dieu a uni ? De fait, dans l’histoire de l’Église, surtout depuis le 16e siècle, des liens matrimoniaux réels ont été dissous par les papes. Il semble même que les Souverains Pontifes aient pris peu à peu conscience d’un pouvoir de plus en plus grand sur le mariage, en sorte qu’ils ont posé des actes, au 20e siècle, qu’ils se croyaient incapables de poser auparavant.



1. Plus d’une fois, lorsqu’il lit La Croix ou se risque sur Le Forum Catholique, le fidèle de la Tradition croirait entendre Stéphane Mallarmé : « Ô nymphes, regonflons des souvenirs divers … ». L’actualité, et spécialement l’actualité religieuse, surtout lorsqu’elle est relayée à la vitesse de l’éclair, est d’une naïveté déconcertante. La nouveauté qui lui semble neuve n’est en effet le plus souvent que la répétition ou le prolongement facilement prévisible d’un passé qu’elle a trop vite oublié. Ainsi en va-t-il des déclarations récentes du Pape François : elles étonnent ou choquent les liseurs de la toile, alors qu’elles n’ont pas de quoi surprendre les lecteurs assidus et attentifs du Courrier de Rome. Voyons un peu.



1.Le Grand Œuvre est en alchimie la réalisation de la pierre philosophale, la fameuse pierre capable de transmuter les métaux, de guérir infailliblement les maux du corps, et d'apporter l'immortalité. À la base de la théorie qui affirme l'existence d'une telle pierre, nous trouvons une tradition d’après laquelle les métaux divers seraient, dans le sein de la terre, en lente maturation pour aboutir à l'état métallique idéal, celui de l’or.Le Grand Œuvre est l'accélération de cette maturation, par le recours à l'agent actif de cette évolution, comme catalyseur.L'opération alchimique du Grand Œuvre comporte dès lors deux étapes principales : tout d’abord isoler ce principe de transmutation en le séparant de tous les autres corps auxquels il est mêlé et qui empêchent son action (solvere) ; ensuite, l’utiliser comme l’agent actif de l’évolution, en l’associant d’une manière nouvelle à tous les autres corps dont il a été préalablement isolé (coagulare).



« Frères et sœurs, revenons au Concile qui a redécouvert le fleuve vivant de la Tradition sans stagner dans les traditions ». 1. Telle est probablement l’une des phrases clés de l’Homélie prononcée le mardi 11 octobre 2022, dans la basilique Saint-Pierre du Vatican, par le Pape François, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II . Qu’est-ce que le bon Peuple de Dieu a pu retenir de cette réflexion ? Très probablement deux mots : « fleuve vivant » et « stagner ». Ce sont en effet deux expressions qui frappent les esprits parce qu’elles parlent à l’imagination. Et nous avons là un échantillon particulièrement représentatif – un de plus ! – de cette manière étonnante à laquelle le Pape nous a habitués, et qui ne cesse pas de nous déconcerter.



1. A trois heures du matin, un séminariste d’Ecône faisait part d’une surprisequ’il avait eue au cours de la messe de minuit juste achevée : le morceau musical de la communion commençait par une longue note tenue, qu’il avait prise pour l’alarme incendie ! Ce n’est qu’à la deuxième note qu’il s’était rendu compte de sa méprise. Méprise qui l’avait toutefois amené à distinguer les deux composantes de la musi¬que : celle statique — relative aux sons, abstraction faite de leurs relations mutuelles —, et celle dynamique — qui pose une relation dans le temps entre les notes.



1. La Révolution française, en bouleversant l’ordre de la société, aura aussi pesé sur l’histoire de la musique. Les compositeurs deviennent indépendants. Dès lors, leur propension à exprimer des formes musicales plus personnelles s’accroît progressivement. A la Révolution, la source du droit devient la volonté générale : de même, la source du beau découle du couronnement populaire, ou de la volonté des compositeurs. Deux sources qui scinderont bientôt la musique en deux continents éloignés l’un de l’autre : le public n’a plus qu’à faire son choix. Trois options sont possibles : la musique des compositeurs, celle des masses ou celle d’avant la Révolution.



1. Jean-Jacques Rousseau n’aimait pas le chant grégorien : le « plain-chant modulé », disait-il en 1753, « [...] n’a rien d’agréable en lui-même, (il) ne plaît qu’à l’aide de quelques ornements arbitraires, et seulement à ceux qui sont convenus de les trouver beaux » . Remarquons-le : les critères de jugement invoqués ici, l’« agréable » et ce qui « plaît », sont centrés sur la subjectivité de l’auditeur. Si ces critères ne peuvent raisonnablement être proscrits des jugements musicaux, ils peuvent néanmoins laisser perplexe, surtout tels qu’ils sont appliqués au chant propre de l’Eglise. Depuis la Renaissance, en effet, le rapport au monde est centré sur l’homme « modèle du Monde » selon Léonard de Vinci. La musique, représentation des mouvements du monde, aurait-elle changé aussi ? La musique issue de la Renaissance, qui s’épanouit vraiment dans le Baroque, ne risquerait-elle pas de relever d’une conception de l’homme qui exclut le divin ?



1. Quelle serait la réaction de saint Louis, ou de l’abbé Suger, en entendant un concert rock, une symphonie de Beethoven, ou même un opéra du 17e siècle ? Stupeur, scandale ou délire ? Les trois articles qui suivent vont imaginer une réponse. La Renaissance qui met l’homme et ses émotions au centre de la musique, suivie par la Révolution qui sépare compositeurs et auditeurs, aboutiront à notre 20e siècle qui, pour mieux plaire, simplifie la musique - ou la complexifie à l’extrême. Dans cette étude risquée et difficile, les Papes de la Renaissance seront un modèle d’équilibre de jugement. Ce sont eux qui ont encouragé saint Philippe Néri à créer un nouveau genre musical en accord avec son époque : l’oratorio, un opéra à sujet religieux mais sans acteur.



Un lecteur nous écrit : « Mon fils a été baptisé l’an passé à l’âge de deux mois. À l’époque, je ne connaissais pas la Tradition. J’ai donc fait baptiser mon enfant dans la paroisse de mon village de X. Je suis certain, la vidéo en fait foi, que le prêtre a bien versé l’eau sur la tête du nouveau-né tout en prononçant la formule trinitaire : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Cependant,juste avant la cérémonie, le prêtre nous a adressé quelques mots. Il a notamment expliqué :“Ne croyez pas que le baptême va effacer une quelconque tache dans l’âme de cet enfant. Le seul effet du baptême est de faire entrer dans la communauté chrétienne. Le reste n’est que mensonge moyenâgeux. Ce qu’on appelait péché originel n’est qu’une fable”. Mon épouse et moi-même avons été choqués par ces propos. Néanmoins, notre indignation n'a pas eu de suite, jusqu’à ce que nous suivions un cours de catéchisme pour adultes chez la Fraternité Saint-Pie X. Là, nous avons découvert que l’existence du péché originel était un dogme de foi , ce qui nous a conduits à penser que notre curé était hérétique. Nous avons aussi appris que le ministre d’un sacrement devait avoir l’intention de faire ce que fait l’Église lorsqu’il administre ce sacrement. Sans une telle intention, le sacrement serait invalide. Mon épouse et moi-même sommes donc inquiets au sujet de la validité du baptême de notre enfant. Notre inquiétude est d’autant plus vive que le baptême est la porte du paradis et des sacrements. Sans lui, notre enfant ne pourrait recevoir validement aucun sacrement et, toujours souillé par le péché originel, il ne pourrait pas entrer au ciel. C’est pourquoi nous demandons au Courrier de Rome si nous devons faire rebaptiser notre enfant, au moins sous condition ».



Pendant la pandémie de covid-19, certains évêques ont cru bien faire, pour freiner la propagation du virus, en administrant le sacrement de confirmation avec un pinceau, au lieu d’oindre le front directement avec leur pouce. Par exemple, sur le site du diocèse de Rouen, une grande photographie montre Mgr Dominique Lebrun, l’archevêque, faisant l’onction du saint chrême sur le front d’un adulte à l’aide d’un pinceau. Le pouce de l’archevêque ne touche pas le front du confirmé. Il faut donc se demander : le sacrement de confirmation est-il valide quand l’onction du saint-chrême est faite non directement avec la main du ministre, mais au moyen d’un instrument comme le pinceau ? Deux questions se posent. La première : L’imposition des mains est-elle une partie essentielle du sacrement de la confirmation, en sorte que si elle manque, le sacrement est invalide ? La seconde : Si l’onction du saintchrême est faite avec un pinceau, cette onction contient-elle l’imposition des mains ?



La réponse du Père de Blignières fait intervenir un deuxième argument. « Le schisme », nous dit-il, « intervient lorsque les consécrations épiscopales sont faites dans le dessein de se soustraire à la juridiction pontificale ou à la communion de l’Église universelle. C’était le cas pour la constitution de l’ " Église patriotique " chinoise. Or c’est ce qui s’est passé pour les sacres du 30 juin 1988. Mgr Lefebvre n’entendait pas transmettre une juridiction mais se soustraire à une juridiction. C’est ce qui ressort du motif principal rappelé par l’abbé Gleize : se dérober aux " autorités modernistes ", pour faire une opération-survie de " la Tradition " hors des structures hiérarchiques ».



Dissipons tout de suite la confusion, pourtant maintes fois déjà réfutée, qui inaugure la « Réponse argumentée » que l’on voudrait nous opposer . Il est clair que « lʼacte par lequel le Pape désigne le sujet à sacrer ne relève pas du pouvoir dʼordre, mais du gouvernement de lʼÉglise ». Le Pape use en effet ici de son autorité suprême de chef de toute l’Eglise. Mais il ne s’ensuit pas que « un évêque qui ordonne un prêtre non désigné par le Pape, même sʼil entend ne pas transmettre à ce prêtre de juridiction, usurpe bien la juridiction du Pape en choisissant ce prêtre pour évêque ». Ou, plus exactement, il convient ici de distinguer entre usurpation et usurpation, comme entre le refus de se soumettre à un acte de l’autorité et le refus de reconnaître le pouvoir qui est au principe de cet acte de l’autorité. Le refus de se soumettre à l’acte de l’autorité est la désobéissance et il ne mérite d’être désigné comme une « usurpation » que dans un sens impropre. Seul le refus du pouvoir constitue à proprement parler une usurpation, lorsque,non content de ne pas obéir, le sujet refuse le principe même de l’autorité et s’arroge par le fait même le pouvoir qui revient à celle-ci.



La page du 14 octobre 2022 du site de la Fraternité Saint Pierre, « Claves.org », publie une étude, signée de l’abbé Josef Bisig et du Père Louis-Marie de Blignières, datée du 29 septembre 2022. Intitulé « Retour sur les sacres du 30 juin 1988 », ce texte est une réponse aux articles parus dans le numéro de juillet-août du Courrier de Rome.



Dans un précédent article, nous avons examiné la question de la communion du prêtre dans le cas d’un danger de mort consécutif à une allergie grave concernant l’une des saintes espèces. Nous nous sommes appuyé, pour ce faire, presque exclusivement sur des ouvrages et documents parus avant le concile Vatican II (1962-1965). Et nous avons proposé, très modestement et à titre de participation à une « libre discussion scolastique », quelques conclusions et pistes de réflexion. On pourrait toutefois objecter à notre travail le fait, important en lui-même, que le Siège apostolique est intervenu sur cette question, durant les trente dernières années, et a édicté des normes et des directives précisément en ce qui concerne les prêtres frappés d’allergie. Et donc que le problème serait par là réglé sans aucune ambiguïté : « Roma locuta est ». Personne n’ignore, toutefois, les graves objections que nous formulons à l’égard « du concile Vatican II et après le concile de toutes les réformes qui en sont issues » (cf. Déclaration de Mgr Lefebvre le 21 novembre 1974). Il nous est impossible, en conscience et pour des motifs de foi, d’accepter comme Magistère obligatoire tous et chacun des documents émanés de la Rome actuelle, en raison de la « tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’y manifeste » trop souvent (cf. même Déclaration). Ce qui ne signifie pas, à l’inverse, que les documents venus de Rome soit, de ce seul fait, faux dans toutes leurs dimensions. Simplement, de façon habituelle, ces documents ne peuvent par eux-mêmes clore le débat et régler la situation, faute d’une autorité magistérielle réelle et certaine. Nous voudrions donc, en ce second article, étudier à la lumière de la doctrine traditionnelle le contenu des documents romains concernant les prêtres sujets d’une allergie grave. Ces textes méritent qu’on s’y intéresse d’abord parce qu’ils portent très précisément sur la question que nous étudions ; ensuite parce que l’autorité au moins humaine des personnes qui les ont rédigés ne peut qu’attirer notre attention ; enfin, parce que les solutions proposées sont, dans certains cas tout à fait intéressantes, dans d’autres cas étonnantes et problématiques, en une question qui est tout de même de première importance, celle de la validité du sacrement de l’Eucharistie et de sa correcte célébration.



Le refus des sacres d’Ecône peut s’expliquer pour des raisons très diverses. Dans la pensée du Père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Société Saint-Thomas d’Aquin, il tient à des raisons très précises, dont l’exposition détaillée figure déjà, un an avant le 30 juin 1988, dans la revue Sedes sapientiae, avec le Supplément doctrinal n° 2 au numéro de juin 1987. Ces 22 pages d’analyse, assorties de 10 pages de notes, font la matière d’une étude intitulée « Réflexions sur l’épiscopat autonome ». Tout est dit dès le résumé placé en tête de l’étude (page 2) : « L’évêque, par son sacre même, est ordonné essentiellement à gouverner l’Eglise, corps mystique du Christ. Celui qui est sacré évêque ne peut exclure ce pouvoir sans mettre en péril la validité du sacre. Et il ne peut l’accepter (contre le Saint Siège) sans commettre un très grave attentat à l’unité même de l’Eglise, selon la formule de Pie XII (Encyclique Ad apostolorum principis, 29 juin 1958) ». Ce principe de base, qui commande toute la suite de l’argumentation et conduit,dans l’esprit de l’auteur, à regarder comme « schismatiques » et « non catholiques » les sacres d’Ecône, est répété par la suite, dans la première partie de l’étude : « L’épiscopat comporte une relation à la régence de l’Eglise qui lui est essentielle. Il est impossible de l’exclure sans mettre en péril l’unité de l’Eglise » (page 4). Tel est le postulat qui explique, chez l’un des principaux artisans de ce qui allait devenir la mouvance Ecclesia Dei, le refus de l’attitude suivie par la Fraternité Saint Pie X. C’est aussi le postulat adopté par les fondateurs de la Fraternité Saint Pierre.



Il nous a été demandé, par un ecclésiastique confronté à une réelle difficulté théologique, liturgique et morale, d’apporter des arguments convaincants, appuyés sur des textes magistériels et des auctores probati (des « auteurs approuvés dans l’Église »), en réponse à une question. Voici la teneur de la question : « Serait-il possible, pour des raisons proportionnées, qu’un autre que le prêtre qui célèbre une messe (par exemple, un deuxième prêtre) consomme tout ou partie du sacrifice à la place du prêtre célébrant ? Autrement dit, ce deuxième prêtre pourrait-il consommer la sainte hostie et/ou le précieux sang, tandis que le prêtre célébrant ne le ferait pas ? ». Le contexte pratique de cette question est le suivant. Un prêtre, un certain temps après l’ordination sacerdotale, est frappé (ceci étant attesté de façon sérieuse par le corps médical) d’une allergie très forte, potentiellement mortelle, concernant l’une des saintes espèces (par exemple, allergie absolue au gluten, pour le pain consacré ; ou à l’alcool, pour le vin consacré). Du fait de ce danger mortel, et dans le cas où un autre que lui ne pourrait légitimement consommer à sa place l’espèce consacrée devenue dangereuse, ce prêtre serait dans l’impossibilité radicale de célébrer la messe. Ce qui serait un grave inconvénient, pour lui comme pour l’Église privée d’un prêtre en mesure de célébrer la messe. Une solution proposée serait qu’un autre que ce prêtre malade consomme l’espèce consacrée devenue dangereuse (dans la mesure, évidemment, où une telle pratique serait reconnue comme licite), permettant donc au prêtre malade de célébrer la messe, au moins quelquefois. Notons en passant que si le cas ne se présente qu’à notre époque, et ne semble pas avoir existé dans le passé, c’est en raison des progrès de la médecine. Autrefois, l’ignorance des mécanismes de l’allergie entraînait tout simplement la mort des patients : et donc, faute d’allergiques encore vivants, le problème ne se posait pas. La médecine étant maintenant capable de faire face aux allergies, au moins dans une certaine mesure, et des personnes gravement allergiques restant donc vivantes, l’Église se trouve en présence de cas nouveaux et inusités, qu’il lui faut traiter avec sagesse et dans le respect des principes intangibles. A l’énoncé de cette question, nous avons été spontanément persuadé que la réponse en serait facile et rapide : dans notre souvenir, tous les ouvrages traitant de la messe donnaient les arguments probants et les explications nécessaires pour manifester que le prêtre célébrant le sacrifice doit obligatoirement et dans tous les cas communier sous les deux espèces, pour consommer en personne ce sacrifice.



Le 1er juin 2021, le pape François a réformé le système pénal canonique, en promulguant la constitution apostolique Pascite gregem Dei. Cette réforme n’est pas une surprise : elle était attendue depuis longtemps. Devant la multiplication des découvertes de graves délits commis par des prêtres, le pape Benoît XVI avait manifesté son désir de modifier le droit pénal dans le sens d’une plus grande sévérité et d’une plus grande efficacité. Le travail a commencé en 2007. Il a été achevé sous le pontificat de son successeur. Il a pour but, d’après le pape François, « d’éviter des maux plus graves et d’apaiser les blessures provoquées par la faiblesse humaine » . Cette réforme est-elle heureuse ?



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